La dignité de l’être humain et l’avortement

6 février 2017

Il n’y a pas un instant où il ne serait qu’un petit paquet de cellules pour passer ensuite à un stade humain.

La pratique de l’avortement a toujours existé. Ce n’est pas une invention de notre époque ni de la loi de 1975. Cette dernière au contraire pensait pouvoir en limiter le nombre, ce qu’elle n’a pas réussi à faire, au contraire. Mais l’avortement était considéré comme un acte de mort, condamné par la loi. Même la loi de 1975 (la loi Weil), dans son article 1er, affirme que la vie doit être protégée dès le premier instant de son existence. Elle reconnaît encore que l’avortement est une transgression. Mais cette loi dépénalise arbitrairement l’avortement.

Elle l’autorise en certaines situations de détresse et avec des conditions précises :

  • dialogue préalable,
  • clause de conscience pour le personnel médical,
  • nécessité de l’autorisation parentale pour les mineures.

Un pas de plus a été fait avec le remboursement par la Sécurité Sociale, ce qui fait de l’avortement un soi-disant acte de santé.

Très vite, sous la pression de certains groupes, l’avortement est devenu une liberté, puis un droit. Le légal est devenu le critère du moral. 

D’abord autorisé jusqu’à 10 semaines, l’avortement a été légalisé jusqu’à 12 semaines (3 mois). Il a été déclaré comme une priorité des soins de santé, avec financement important pour développer les services hospitaliers nécessaires en vue de répondre rapidement à toutes les demandes.

Le dialogue préalable est devenu caduc. Les médecins chefs de service sont obligés d’admettre les avortements dans leur service.

Les mineures sont dispensées, en certains cas, de l’autorisation parentale.

La dégradation s’est accentuée avec la décision rendant libre et gratuite la distribution dans les pharmacies de la « pilule du lendemain », ce qui pose de graves cas de conscience à certains pharmaciens.

Ces progressives dérives favorisent l’homme et l’adolescent toujours absents de ce débat. Elles incitent les mineures aux relations sexuelles. Elles banalisent de plus en plus l’acte sexuel, ce qui, avec l’invasion de la pornographie, explique que certains adolescents, parfois en bande, violent des adolescentes sans que cela leur pose de problème de conscience : « je n’y vois rien de grave, d’ailleurs elles sont consentantes », a-t-on entendu récemment après une de ces « tournantes ».

Elles ne tiennent pas compte du traumatisme causé à la femme par l’avortement, traumatisme dont on se garde bien de parler, que pourtant certaines femmes commencent à reconnaître publiquement en tel magazine ou en telle émission télévisée.

Elles marginalisent les parents par rapport à la vie de leurs enfants, alors que, par ailleurs, on tend à les juger coupables des délits de ces mêmes enfants. Notons qu’en France, les avortements dits thérapeutiques, pour raisons de santé, peuvent être pratiqués jusqu’à la naissance.

L’Eglise catholique, mais pas elle seule, est absolument opposée à l’avortement dès la fécondation. Ce faisant, elle ne prétend pas condamner les femmes en cause, mais s’adresser à la conscience de la société et l’inciter à aider les jeunes filles et les femmes à garder l’enfant qu’elles portent. Car pour elle, l’embryon doit être respecté comme un être humain dès le premier instant de sa formation.

Ce n’est pas le cas, certains font dépendre l’humanité de l’embryon, du « projet parental » : la qualité humaine d’un embryon dépend du projet de ses parents d’en faire un homme ou une femme. Cela revient à dire que le statut humain d’un être dépend du choix de ses parents, donc du jugement que portent sur lui d’autres hommes. On décrète ainsi pratiquement que les êtres humains ne sont pas également humains aux différentes étapes de leur croissance. 

Juridiquement l’embryon est peu protégé par la loi. L’Eglise catholique a toujours opté pour le fait que l’embryon dès la fécondation doit être respecté comme une personne. Nous trouvons la condamnation de l’avortement dès les premiers textes chrétiens. Le Concile de Vatican II a une formule forte : « L’avortement et l’infanticide sont des crimes abominables » (G. S. 51, § 3).

La position de l’Eglise va dans le sens des données actuelles de la science : dès la constitution du premier noyau, tout l’avenir génétique de l’être humain commençant est présent en lui.

Il n’y a pas un instant où il ne serait qu’un petit paquet de cellules pour passer ensuite à un stade humain. Il évoluera quant à sa personnalité psychologique, non quant à son être de personne. Il est un être humain dès le début ou il ne le sera jamais.

Aucun projet parental ne pourrait faire qu’un embryon non humain devienne humain à un moment quelconque de son évolution. Là, si l’on peut dire, est le fondement du véritable esprit républicain : tous les êtres humains, dès leur fécondation, sont égaux.

Ils ont à être traités comme tels avant même leur naissance. Il est bon de rappeler ces fondements, aujourd’hui où le gouvernement fait passer une loi prévoyant «   l’extension du délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse ».

D’après un texte de Mgr Bouchex