Non je ne veux plus de ça !

30 janvier 2017

Je suis un être de relation, j’ai besoin de mon prochain comme il a besoin de moi, l’humanité est un tissu et chaque fil concourt à la solidité et à la beauté de cet immense tissu. Aucun coup de ciseau n’est sans effet sur l’ensemble. Plus la trame est serrée et chaque fil solide, plus le tissu résistera, plus est beau chaque fil, plus sera proche le chef d’œuvre.

Je pense aux tapisseries d’Aubusson, je pense à l’humble travail de tant de fileuses, je pense aux travailleurs anonymes qui ont tissé la toile de notre monde. Elle est belle cette toile malgré tous les accros, malgré les innombrables coups de ciseaux. Ils me font mal ces coups de ciseaux, ils me font mal et je pleure ceux qui en ont tellement souffert, toutes les victimes innocentes, les femmes, les enfants, les grands enfants adultes des inqualifiables déchirures des guerres du vingtième siècle !

Non, je n’en veux plus de ça ! Non, avec tous mes frères humains, je crie :

"Arrêtons-nous, arrête-toi, tu ne peux pas continuer de détruire ce qui t’est donné avec tellement d’amour, avec une tendresse qui te rejoint au plus profond de ton être. Regarde la beauté de la mer, le charme des montagnes, vois l’incommensurable et laisse l’éblouissant tableau de la nature t’envahir, ouvre ton cœur, reçois l’infini de l’amour, contemple l’Invisible. Il est pour toi, il est pour chacun de tes frères humains. Ne vois-tu pas que Dieu t’implore, qu’il se met à genoux à tes pieds, qu’il meurt d’amour pour toi sur la croix ? Que te faut-il de plus ?"


Ô Dieu de tendresse et d’amour ! Quand je pense à ton amour sans limite, je veux courir au devant de mon frère, quel qu’il soit, quelle que soit la couleur de sa peau, sa religion, son origine, sa langue, je veux me jeter dans ses bras, le prendre dans les miens pour lui dire :

« Je ne te connais pas, tu ne me connais pas, mais je sais et tu sais que nous avons un même Père et qu’il a mis en nos cœurs son amour infini ! »

Oh, je rêve bien sûr, je rêve et ne m’interdis pas de rêver, au contraire : plus je rêve et plus le monde est coloré, plus il est beau, même si je n’ajoute ou ne retranche rien à ce qu’il est. Simplement parce que mon rêve est prière, il participe par la vertu de ce qui me dépasse à la grandeur et à la beauté de l’inconnu, de l’indicible, de l’invisible et de l’infini. Ma rêverie orante devient chant, suave et délicat, chant d’amour, murmure pour mon Dieu.