Qu’est-ce que la contrition ?

4 avril 2017

La contrition désigne le regret du péché en lui-même : ce n’est pas un simple remords, mais un retournement du cœur devant l’offre du pardon de Dieu. Il y a mille façons de le faire.

Il y a d’abord la contrition de celui qui a vécu pendant des années en ne pensant qu’à faire la fête, satisfaisant jour après jour le plus grand nombre possible de ses désirs et, qui découvrant soudain la présence de Dieu dans sa vie, s’effondre en larmes devant lui :

« pardon, Seigneur, d’avoir été si bête, si insouciant, si arrogant vis-à-vis des autres ! Merci de m’accepter tel que je suis et de me donner l’audace de mener une vie tout autre ! »

Il y a la contrition de celui qui, après avoir longtemps mené une vie droite, se laisse aller un soir à commencer une faute très grave, comme celui de Pierre la nuit du Jeudi Saint. Quelle honte ! Sa faute hante sa mémoire. Il n’arrive pas à se pardonner à lui-même d’avoir chuté aussi lamentablement.
Sa contrition plaira à Dieu lorsqu’il acceptera sa fragilité foncière de créature et qu’à la confusion d’avoir si lamentablement péché succédera la confusion d’être « quand même » tellement aimé. Au lieu de ruminer sans cesse sa honte, il acceptera de se laisser regarder par l’amour inconditionnel de son Seigneur.
Il y a la contrition du Laïc ou du moine de 40 ans qui s’aperçoit, à l’occasion d’une bouffée terrible de méchanceté qui traverse son esprit à la suite de la remarque désobligeante d’un proche, que son cœur est loin d’être pure et qu’il devra désormais redire beaucoup plus souvent à Celui qui, seul, peut nous guérir en profondeur :

« donne-moi, Seigneur, un cœur nouveau ! »

Il y a la contrition d’un Curé d’Ars ou d’une Thérèse de l’Enfant-Jésus qui ont été dès leur enfance d’une exceptionnelle générosité à faire la volonté de Dieu dans les plus petites choses, mais qui ont une telle conscience d’avoir été préservés du péché par une grâce spéciale de sa miséricorde qu’ils ne peuvent pas s’en glorifier. Ils savent d’ailleurs que, par orgueil, ils pourraient rater leur vie. Alors, ils supplient !
Il y a enfin la contrition de tous ceux qui toujours retombent dans les mêmes fautes et dont le propos de se corriger n’est pas assez ferme, mais qui gardent au fond de leur cœur la petite flamme de l’espérance. Un jour, ils l’espèrent, la volonté de devenir un saint l’emportera. C’est souvent devant leur crucifix que le déclic se produira : « Seigneur, Toi qui a fait tant de folies pour moi, je veux en faire à mon tour pour Toi ! » C’est pourquoi le Curé d’Ars avait installé un crucifix très « réaliste » sous les yeux des hommes qui se confessaient à la sacristie. « Que nous sommes ingrats ! » répétait-il souvent.
Le chrétien considère que le grand moment de sa vie sera l’heure de sa mort, le moment où, apercevant enfin la profondeur de son péché, il recevra – du moins l’espère-t-il – la grâce d’en demander sincèrement pardon à Dieu. Ce sera le plus bel acte de contrition de toute sa vie, celui auquel préparent tous les pardons.

Abbé Pierre Descouvenont