Du Dimanche de la Parole de Dieu, au samedi de la parole fraternelle ?

25 janvier 2020

Ce 4e Dimanche de Janvier sera consacré au « renouveau » de la Parole de Dieu.
Il est encore question d’écoute…
Le pape François en instituant ce Dimanche, à la suite de la Fête de la Sainte Trinité, du Saint Sacrement et du Sacré Cœur veut encourager l’Eglise à vivre d’avantage de cette Parole de Dieu. Cette Parole est lue, proclamée, écoutée, méditée lors de la Sainte Messe, mais aussi en petit groupe, ou personnellement avec la Lectio Divina par exemple. De cette manière, ces textes inspirés – la Bible- deviennent une parole vivante : Parole de Dieu.

Quelle est notre rapport à la bible, à l’Ecriture Sainte ? Comment devient-elle cette Parole de Dieu pour moi, dans mon existence ? Comment me nourrir à cette source vive, comme je me nourris de l’Eucharistie ? Lisons nous un passage biblique pendant notre heure d’adoration ?
De notre écoute débordera notre cœur. De notre amitié avec le Seigneur sortira des pensées et des gestes emplies de sa présence. De notre connaissance amoureuse de sa Parole découlera des paroles de sagesse, de guérison et de consolation pour nous-mêmes et de bienveillance pour notre entourage.

Le Samedi 8 Février sera pour les séminaristes un exercice de paroles ou ils écouteront avec attention et délicatesse des hommes et de femmes. Venir à leurs côtés dans ces rencontres porte à porte les soutiendra. Nous pourrons après avoir écouter, laisser parler notre cœur bien sûr ! Ils seront d’une certaine manière les fantassins (1re ligne) et nous la cavalerie (soutien).
Ce témoignage explicite ne sera pas du prosélytisme ! Ecoutons le pape François sur ce sujet lors de son voyage au Maroc en Mars 2019. « Les chrétiens sont un petit nombre dans ce pays », a déclaré le pape François(…). Et, paraphrasant les paroles de Jésus en Luc 13, 18.21, de questionner : « à quoi est comparable un chrétien sur ces terres ? » Simplement, « à un peu de levain que la mère Église veut mélanger à une grande quantité de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé », a-t-il répondu. Pour lui, en effet, « Jésus ne nous a pas choisis et envoyés pour que nous devenions les plus nombreux ! ». Notre mission de baptisés, de prêtres et de consacrés, a poursuivi le pape François, n’est pas déterminée « par le nombre ou par l’espace que nous occupons, mais par la capacité que l’on a de produire et de susciter changement, étonnement et compassion ». Puis, d’affirmer que « les chemins de la mission ne passent pas par le prosélytisme ». Prosélytisme qui conduit toujours à une impasse. « En ces terres, le chrétien apprend à être sacrement vivant du dialogue que Dieu veut engager avec chaque homme et chaque femme, quelle que soit sa condition de vie », a-t-il encore expliqué. Évoquant la figure de saint François d’Assise (sa rencontre avec le Sultan al-Malik al-Kamil) et le bienheureux Charles de Foucault (qui a voulu être « frère universel »), il a souligné que lorsque l’Église entre en dialogue avec le monde, «  elle participe à l’avènement de la fraternité, qui a sa source profonde non pas en nous, mais dans la paternité de Dieu ». Devenons "paroles vivantes" !

P. Charles-Bernard