Un genoux à terre pour Georges F., …pourquoi pas deux, avec Jésus ?

13 juin 2020

Nous avons vu de nombreux jeunes mettre un genoux à terre en souvenir de la mort de Georges Floyd. Certains chrétiens ont l’habitude, de mettre leur deux genoux à terre, comme Jésus !

J’ose faire un lien entre ces deux gestes. Pour le cas de Georges Floyd, c’est, si j’ai bien compris, le geste du policier qui a posé son genoux sur sa gorge et qui a provoqué sa mort par asphyxie. En souvenir de cette violence, et par solidarité pour toutes les victimes, ce geste a été reproduit dans de nombreux pays. Ce genoux à terre veut dire, stop au racisme !

 Dans le geste des deux genoux au sol pendant la prière eucharistique, ou l’ineffable mystère s’actualise, nous pouvons percevoir dans cette scène (cène) la mort de l’agneau immolé, innocent. Et d’une certaine manière, dans la foi et avec l’indifférence à tant de mal, nous sommes les acteurs de sa mort ! Nos deux genoux à terre manifestent à la fois l’humilité de notre Dieu. IL nous attire ! Un sage africain disait : « La grandeur de l’homme, c’est lorsqu’il est à genoux . » (à genoux pour prier son Dieu). Et nos deux genoux manifestent aussi, notre complicité avec toutes formes de mal !

Dieu est descendu pour relever l’homme. Nous devons accepter de descendre pour nous laisser relever. Jésus nous montre le chemin…en se baissant pour laver les pieds de ses disciples. La voie est là, la porte étroite…le cœur blessé ne peut que s’abaisser ! Tant que nous ne serons pas à genoux comme lui, nous resterons avec nos racismes latants, cachés ou sournois. Car au risque de choquer, et même si je ne l’avoue jamais en confession, je suis encore raciste ! Dis autrement, j’ai encore de la peur, ou de la suspission. Je ne suis pas libre intérieurement, et j’ai parfois l’impression d’être entouré de « terroristes » en puissance. Comment sortir de cette peur, comment dépasser ces jugements primaires, étroits et finalement asfixiants, asfixiant l’âme ?

Une des réponses vient encore de Jésus dans une des paraboles les plus profondes à nos oreilles « internes » :

Mt 13, 24-30 « Il leur proposa une autre parabole : Le royaume des Cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint ; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla. Quand la tige poussa et produisit l’épi, alors l’ivraie apparut aussi. Les serviteurs du maître vinrent lui dire : “Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?”

Il leur dit : “C’est un ennemi qui a fait cela.” Les serviteurs lui disent : “Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?” Il répond : “Non, en enlevant l’ivraie, vous risquez d’arracher le blé en même temps. Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ; et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Enlevez d’abord l’ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, ramassez-le pour le rentrer dans mon grenier.” »

Nous pouvons demander à genoux, que ce pain de Vie, ce blé broyé, transformé par la chaleur du four et consacré en pain du ciel nous donne une conscience plus vive : Conscience de sa présence en chaque homme, crée à l’image et à la ressemblance de Dieu ; Conscience de cette vie donnée sous les apparences du pain et avec sa substance que nous digérons pour notre glorification dans son « grenier ». Pour l’ivraie, confessons, les deux genoux à terre, notre racisme entre autre…

Père Charles-Bernard S.