La guerre éternelle que les puissants font aux enfants trisomiques

28 avril 2017

Une virulente pétition

Une pétition, relayée dans les médias, a été lancée par des personnalités qui demandent à l’État de retirer à la Fondation Jérôme-Lejeune sa reconnaissance d’utilité publique.

On trouve deux sortes de pétitionnaires. Ceux qui enlèvent du ventre des femmes les enfants indésirables, et ceux qui n’y introduisent que des enfants désirés. Deux faces, eugéniste et « démiurgique », de la même médaille transhumaniste. Souvent des militants de longue date : Émile Baulieu (pilule abortive RU), René Frydman (pionnier de la Fiv), Pierre Jouannet (patron des Cecos), Marc Peschanski (utilisateur de l’embryon dans la recherche), François Olivennes (favorable à la GPA). Des auteurs de propos chocs : Jacques Milliez, dans L’Euthanasie du fœtus, justifie un « ordre établi » en faveur de l’avortement des trisomiques. Israël Nisand, dans Vivre ensemble, décrit le choix des enfants comme « un programme eugénique » et ajoute « Cela ne m’offense pas de l’accepter ». Jean-Didier Vincent lance sur France Inter : « Pourquoi faut-il conserver les trisomiques, qui sont quand même un poison dans une famille ? » Cette méthode tient pour « juste » ce qu’elle qualifie de progrès, et « injuste » tout ce qui s’y oppose.

Embryon éliminé, utilisé ou sur commande : même combat

Ces routiniers de la transgression ont eu le courage de se liguer contre une institution qui accueille des handicapés mentaux en consultation, finance de la recherche à leur profit, et refuse la lâcheté de supprimer les incurables. Son intérêt à agir pour défendre la vie humaine dès l’origine est reconnu par le Conseil d’État. Coïncidence ? La pétition a été lancée après la requête de la Fondation contre la première autorisation de créer un embryon à trois parents ! Une technique qui allie clonage, création d’un embryon pour la recherche et transgenèse. Une triple violation de la loi et des normes internationales en vigueur. Le comble est que la Fondation, qui essaie de faire respecter la loi, est accusée par ceux qui se vantent de l’avoir bravée. On se souvient que les premiers signataires de la pétition (Jouannet et Frydman) avaient soutenu – il y a quarante-cinq ans – la stratégie massive de désobéissance à la loi prônée par le Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (« À mort Lejeune. Le MLAC veille », lisait-on sur les murs de la Faculté).

La méthode des « illégalités fécondes »

Frydman, qui ne désarme jamais, a récemment pris la tête d’un collectif de cent trente médecins qui ont déclaré avoir contourné la loi en aidant des couples homosexuels à avoir des enfants. Il vient d’être mis en cause devant le Conseil de l’ordre. Cette méthode des « illégalités fécondes » tient pour juste ce qu’elle qualifie de progrès, et injuste tout ce qui s’y oppose. La guerre faite à la Fondation, qui non seulement ne reçoit rien de l’État mais lui donne des moyens de ne pas abandonner des populations décimées par l’eugénisme, est un moment de la guerre éternelle que les puissants font aux petits. Dans la connivence de la quasi-totalité des autorités politiques et morales. Ceux qui nous frappent exigent notre silence, craignent notre présence, et redoutent notre conscience. Mais les 8 500 patients de la consultation, en augmentation de 500 nouveaux cas par an, parlent pour nous. Leur vie, diminuée aux yeux du monde, ne mérite plus d’être vécue. La Fondation est leur rempart. Leur faiblesse est notre force. 

Jean-Marie Le Méné, président de la fondation Jérôme-Lejeune