Marie, Mère de l’Eglise

27 mai 2018

Lundi de Pentecôte cette année 2018, nous avons fêté :

Marie, Mère de l’Eglise

Explications

Déjà en 1964 le bientôt saint Pape Paul VI , dans son discours d’approbation de la constitution dogmatique sur l’Eglise « LUMEN GENTIUM » a tenu à vénérer la Vierge Marie sous le vocable de "Mère de l’Eglise ". Marie est la mère de Jésus. Elle est aussi la Mère de l’Eglise. Etant la mère de la Tête du corps, elle demeure aussi la mère du reste du corps. Regardons si vous le voulez bien à l’aide de la liturgie de l’Eglise dans la Tradition comment nous pouvons approcher un peu mieux ce mystère particulier de la Vierge Marie. 

Tout d’abord avec la fête de l’Annonciation : elle représente non seulement ce fait nouveau de l’incarnation, mais aussi le commencement de l’Eglise, ou, comme les Pères de l’Eglise l’ont nommée « la fête de la racine, car cachée et fondatrice. Nous y faisons d’ailleurs ainsi référence au cours de la messe dans la prière sur les offrandes, quand le prêtre dit « l’Eglise n’oublie pas qu’elle a commencé le jour où Ton Verbe s’est fait chair ». Isaac de l’Etoile au XIIe siècle exprime bien comment l’union du Fils à la Mère se prolonge entre la Mère et le Corps qu’est l’Eglise.

« Les hommes, en eux-mêmes, par leur naissance selon la chair, sont une multitude ; mais par la seconde naissance, la naissance divine, ils ne sont avec lui qu’un seul. Le seul Christ, unique et total, c’est la tête et le corps. »

Saint Thomas d’Equin, s’inspirant de Saint Augustin, voit dans les noces de Cana, l’image de l’union mystique du Christ et de l’Eglise, union commencée à l’Annonciation. Pour eux, le sein de la Vierge Marie est une chambre nuptiale où s’unissent dans la personne du Verbe la nature divine et la nature humaine. Saint Augustin dit que le corps de Jésus s’unit à l’Eglise formant ainsi le Christ total, tête et corps. En outre, l’incarnation comporte une dimension ecclésiale puisque Marie a accueilli le Verbe au nom de l’humanité et pour l’humanité. Elle est la femme de l’Apocalypse qui enfante une nouvelle humanité ( Ap 12). La constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps « Gaudium et Spes » au n° 222 enseigne que par Son incarnation, le fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme » ; il en découle naturellement que la Vierge Marie est devenue mère de cette humanité. Le père M.J. Lagrange, Dominicain ( 1855-1938) écrivait dans son journal de noviciat que « la bienheureuse Vierge Marie a détruit dans sa personne toutes hérésies : elle est mère de Dieu (Theotokos, concile d’Ephèse 431), donc le Fils de Dieu, Jésus-christ n’est qu’une seule personne, et il a deux natures puisqu’il est aussi vraiment son Fils né de sa substance ». Le sens de la foi des fidèles qui depuis des temps immémoriaux, vénère la Vierge Marie ne s’y est pas trompé ; et l’Histoire de l’Eglise montre bien que la prière à Marie, loin d’éloigner les fidèles du Christ les a rapprochés avec justesse de son mystère. Ainsi Vatican II a-t-il exhorté les fidèles à vénérer Marie avec amour et à chercher à imiter sa foi.

Notre pape François s’inscrivant dans la tradition de l’Eglise et répondant pleinement au don que le Christ en croix a fait à l’apôtre Jean

« fils, voici ta mère »

(Jn 19,25-27) a souhaité faire de Marie, mère de l’Eglise, une fête d’obligation pour toute l’Eglise de rite romain, le lundi après la Pentecôte. Commentant le décret qui a été signé à l’occasion du cent-soixantième anniversaire de la première apparition de la Vierge à Lourdes, le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, explique l’intention du Pape. Celui-ci a pris la décision de célébrer Marie Mère de l’Église, « en considérant l’importance du mystère de la maternité spirituelle de Marie qui, dans l’attente de l’Esprit Saint à la Pentecôte (cf. Ac 1, 14), n’a jamais cessé de prendre soin maternellement de l’Église pèlerine dans le temps ». Il estime que « la promotion de cette dévotion peur favoriser, chez les pasteurs, les religieux et les fidèles, la croissance du sens maternel de l’Église et de la vraie piété mariale », peut-on lire dans le décret.

Le vœu, explique le cardinal Sarah, est que cette célébration rappelle à tous les disciples du Christ que, si nous voulons grandir et être remplis de l’amour de Dieu, il faut planter notre vie sur trois grandes réalités :

  • la Croix,
  • l’hostie,
  • et la Vierge

« trois mystères que Dieu a donnés au monde pour structurer, féconder et sanctifier notre vie intérieure, et nous conduire vers Jésus », écrit le préfet. 

Merci, très saint Père, de nous rappeler,

« que Marie, en accueillant le disciple bien aimé, nous accueille nous aussi et que le Christ nous choisit ainsi comme vicaires de son amour envers sa Mère ».

Nous pourrons méditer le sens de cette nouvelle fête en nous appuyant sur la lecture de la toute récente exhortation apostolique « Gaudete et Exsultate » ; elle nous aidera à tourner notre regard vers la Vierge Marie qui « vécut les Béatitudes de Jésus » en priant :

« l’Esprit Saint d’infuser en nous un intense désir d’être saint pour la plus grande gloire de Dieu et à nous aider les uns les autres dans cet effort ».

Ce qui est bien une des vertus de l’Eglise dans l’ordre de la communion des saints !