Tu attends quoi ?

11 décembre 2023

La préparation des fêtes de Noël occupe bien des personnes. Les commerces avaient anticipé la chose, proposant dès les mois de novembre, décorations, jouets et nourriture. Les marchés, illuminations et animations de Noël fleurissent dans les villes. Chacun prépare sa maison, sa table, ses cadeaux. Nos crèches, dans les églises, les maisons et les commerces nous rappellent le sens, le but et la finalité de tous ces préparatifs : Noël, c’est la Bonne NOuvELle de la naissance du Christ, du Messie du Sauveur.

En effet, tout au long de ce temps de l’Avent, ce que nous préparons c’est l’avènement du Sauveur. Le mot Avent, à l’orthographe particulière, est la contraction du mot AVènemENT, c’est-à-dire l’accomplissement, la réalisation et la manifestation des promesses de Dieu à son peuple, à savoir lui donner un Christ, un Messie, un Sauveur. Ce Christ a été annoncé tout au long de l’Histoire Sainte du Peuple de Dieu. Dans la Sainte-Bible, l’Ancien Testament garde le souvenir et mémorial non seulement des promesses de Dieu, mais aussi des multiples interventions de Dieu dans notre histoire pour préparer cet avènement par des préfigurations, et en donnant des prémices. Cette attente fut longue, éprouvante même pour la patience du Peuple de Dieu, parfois jusqu’au désespoir.

Avec la fête de Noël, nous célébrons le premier avènement du Sauveur. Nous reconnaissons que Jésus est le Christ, le Messie, le Sauveur annoncé. En lui, comme le montrent les évangélistes chacun à leur manière, nous reconnaissons que s’accomplissent toutes les promesses de Dieu, se réalisent de manière unique les préfigurations du Sauveur esquissées tout au long de l’Histoire Sainte, se manifeste la puissance et l’Amour de Dieu Sauveur. Cet avènement se réalise en premier lieu dans la modestie discrète de la crèche, humble mangeoire en bois qui sert de berceau à Celui qui donnera sa vie par amour sur le bois de la croix, et se donne en nourriture dans le sacrement de l’Eucharistie.

Cet avènement dans l’histoire et le temps des hommes, annonce et prépare deuxième avènement, à la fin des Temps, lorsque les temps seront accomplis, et que le Seigneur reviendra dans la Gloire, pour manifester sa victoire définitive sur le mal, le péché et la mort. La Naissance de Notre Seigneur Jésus à la crèche est le début de la fin des temps. Nous sommes en effet dans les derniers temps qui préparent la fin de ce monde, et le début du Règne Glorieux de Notre Dieu. Nous ne pouvons comprendre à sa juste valeur la naissance de Jésus, sans la mettre en perspective avec son avènement glorieux. Sans celui-ci, cette naissance n’est qu’une naissance parmi d’autres, au mieux attendrissante, au pire insignifiante. Si nous préparons Noël sans attendre et préparer l’avènement glorieux du Christ à la fin des temps, nous passons à côté de l’essentiel, nous faisons fausse route, et d’une certaine manière, nous restons assoupis et endormis.

Quand ? devrait être la question jaillissant de nos cœurs pleins d’espérance et d’amour, afin de ne pas nous endormir et de rester éveiller. Si la naissance du Christ Jésus, en accomplissant les promesses de Dieu, inaugure la fin des temps qui annonce sa venue glorieuse, elle ouvre aussi une ère nouvelle où le Seigneur Jésus Notre Dieu, réalise et accomplit son troisième avènement par sa grâce en nos cœurs et en nos vies. Par la vie de foi, nous recevons et nous approprions aujourd’hui la grâce du premier avènement qui prépare et nous prépare à son avènement glorieux. Notre attente n’est pas un vague espoir indéterminé, mais la conviction qu’Il est déjà venu, qu’Il reviendra dans la gloire, et qu’Il vient chaque jour, chaque instant, manifestant son amour et sa tendresse, par l’œuvre de sa grâce.

 

abbé Bruno Gerthoux, curé